Mercredi 29 Septembre 2021
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Eau portable et hydraulique

La production de l’eau potable provient du traitement des eaux souterraines et superficielles. Cette production est fondamentale tant pour accompagner le développement des activités économiques et industrielles que pour assurer un accès des populations notamment vulnérables ou enclavées à la consommation d’eau potable et aux services de base.

Barrages

Les barrages, équipements vitaux pour l’économie régionale permettent la production d’eau potable mais également la régularisation des cours d’eau, la réduction des risques d’inondation, la production de l’énergie électrique ainsi que l’irrigation des terres agricoles. Le réseau de barrages et des centres de production d’eau superficielle du Nord comporte une vingtaine de barrages dont plusieurs barrages de grande et moyenne capacité (Al Wahda, Idriss 1er, 9 avril 47, Oued Al Makhazine, etc.).

Il est à noter que la région a connu le lancement, en 2007, des travaux de construction du barrage Martil (Tétouan) sur l’Oued Mhajrate. Ce barrage ayant une capacité de retenue de 100 millions de m3 est destiné à renforcer l’alimentation en eau potable de la ville de Tétouan et de la zone côtière, au développement de la zone du détroit (et notamment ses infrastructures), à la protection de la ville de Tétouan contre les inondations et à l’irrigation d’un périmètre de 3 000 ha.

Liste des barrages en service au Nord (Année 2011)

Nom du Barrage Année de création Capacité (millions de m3)
Al Wahda 1997 3800
Idriss 1er 1973 1186
Oued Makhazine 1979 773
Asfalou 2000 317
9 avril 1957 1995 300
S&hl& 1994 62
Bouhouda 1998 55
Smir 1991 43
Ibn Batouta 1977 38,5
BABA louta 1999 37
Mohammed khattabi 1981 33,6
My Hassan ben Mehdi 2005 31
Ali Thelat 1934 30
Tanger Med (barrage R'mel) 2008 25
Joumouaa 1992 6,5
Nakhla 1961 5,7
Garde du loukkos 1981 4
Sghir 1991 2,3
Boukhalef I 1989 1,1
Saboun 1991 1,1
Essaf 1992 1

Source : Secrétariat d’Etat à l’Eau et l’Environnement

Production et alimentation en eau potable

La production de l’eau potable de l’Office National de l’Eau Potable (hors production directe des régies) en 2009 a atteint 118,516 millions de m3 dans le Nord (14% du total national). Les ventes ont atteint 96,489 millions de m3 (13,7% du national) dont près de 86% distribués par les concessionnaires (société Amendis à Tanger et Tétouan dans le cadre de la gestion déléguée) et régies locales, le reste étant distribué en direct par l’ONEP.

L’alimentation des villes et centres en croissance ainsi que des communes rurales nécessite également le renforcement de l’exploitation des eaux superficielles à travers la réalisation des stations de traitement, des stations de pompage, des réservoirs et des conduites d’adduction. Plusieurs projets importants ont été réalisés, sont en cours de réalisation ou programmés dans ce cadre et notamment :

  • Le projet de renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Tanger. En effet, le développement industriel et urbanistique important que connait la zone de Tanger engendre une augmentation des besoins en eau potable qui évolueraient de près de 2350 l/s en 2010 à 5900 l/s en 2030. Les projets de renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Tanger, des centres et douars avoisinants d’un coût global de 1 570 Millions de dirhams, visent la satisfaction de ces nouveaux besoins. Pour accompagner le développement de cette région jusqu’à l’horizon 2030, l’ONEP a programmé la réalisation de plusieurs projets de renforcement de l’approvisionnement en eau potable à partir du barrage Tanger Méditerranée, du barrage 9 Avril 1947 et du futur barrage Dar Kherroufa. Le début de la première tranche des travaux était prévu pour mars 2010.
  • Le projet de sécurisation et de renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Chefchaouen et de 9 communes rurales des provinces de Chefchaouen et Tétouan à partir du barrage Moulay Bouchta. Ces projets d’un coût global de 400 Millions de dirhams, sont réalisés, au profit d’une population globale de 143 000 (39 000 habitants en milieu urbain et 104 000 habitants en milieu rural). L’achèvement de ces travaux est prévu pour l’année 2014.
  • Le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Karia Ba Mohamed et des communes avoisinantes, d’un coût de 280 Millions de dirhams. La mise en service de ce projet est prévue pour 2011. Il permettrait d’assurer l’alimentation en eau potable à terme d’une population totale de 400 000 habitants relevant des centres de Kariat Ba Mohamed, Mkansa, Aïn Dorij, Moqrissat et Zoumi et de 18 communes rurales relevant des provinces de Taounate, Ouezzane et Chefchaouen.
  • La nouvelle station de traitement des eaux de la retenue du barrage Al Wahda d’un coût de 75 millions de Dirhams et inaugurée en 2010. Les installations réalisées permettront la sécurisation de l’alimentation en eau potable et la satisfaction des besoins à long terme des centres de Ghafsaï et Ourtzagh et de 9 communes rurales de la zone, pour une population globale de 86 000 habitants.

Généralisation de l'accès l'eau potable

Comme les autres régions du Maroc, le nord est concerné par les Programmes de l'ONEP, qui visent à terme à généraliser l'accès à l'eau potable en milieu rural. A fin 2011, le taux d'accès en milieu rural devrait atteindre près de 92%.

Dans ce cadre, nous pouvons citer plusieurs opérations d'envergure :

  • Le programme d'alimentation en eau potable de 22 communes rurales, 16 relevant de la province de Chefchaouen et 6 de la province d'Ouezzane. Ce programme d'un coût global de 855 Millions de dirhams, bénéficiera à une population de 304 600 habitants et permettra de porter le taux d'accès à l'eau potable dans ces communes rurales à 89% à l'horizon 2012.
  • Le projet général d'alimentation en eau potable rurale de la province de Taounate, dont la réalisation est étalée sur la période 2004 – 2012, nécessite un investissement global de 815 Millions de Dirhams, et profite à 306 000 habitants. Il a permis dans sa 1ère phase 2004 – 2010 et pour un investissement total de 267 Millions de Dirhams, de porter le taux d'accès de 59 % au début du programme à 87 % à fin 2010. La 2ème phase qui est en cours de réalisation, d'un investissement global de 548 Millions de Dirhams profiterait à une population totale de 136 000 habitants et permettrait à son achèvement à fin 2012 d'atteindre l'objectif de 98 % comme taux d'accès.

Evolution de la production d'eau superficielle par centres

    Production 
(en milliers de m3) 
Centres Barrage/Oued/Canal 2008 2007 2006
Taza - Al Hoceima - Taounate   12 928 12 461  
Al Hoceima Barrage A.El Khattabi 4603 4718 4016
Targuist Barrage Joumâa 636 537 471
Karia Ba Mohammed Oued Sebou 1134 1159 969
Aïn Gdah Oued Inaouen 178 284 506
M'Kansa Oued Sebou 585 614 638
Taounate Barrage Sahla 1244 1154 1109
Ouartzagh Oued Ouargha 53 56 51
Taza Barrage Bab Louta 4302 3722 2744
Issaguen 125 102 -
Ghafsai Oued Ouargha 68 115 -
Tanger - Tétouan   76 391 69 946  
Tanger-Assilah Barrage Ibn Batouta 7348 5443 7567
Tanger-Assilah Barrage 9 Avril 1947 37 184 35 428 33 179
Dar Chaoui Barrage 9 Avril 1947 40 37 39
Tétouan-M'Diq Barrage Smir 14 618 15 899 14 417
Tétouan Barrage Nakhla 10441 8356 8948
Ksar El Kebir Barrage Oued El Makhazine 6760 4783 3580
Total Nord   89 319 82 407 78 234
Total National   524 364 503 076 482 035
% Nord/National   17% 16% 16%

Source : Annuaire statistique 2010

Electricité et énergie

Le secteur de l'énergie, dont l'évolution conditionne celle des autres secteurs et par conséquent le développement économique et social du pays, est toujours considéré comme un secteur stratégique. La politique énergétique nationale vise la sauvegarde de la sécurité d'approvisionnement du pays en énergie et la poursuite de la mobilisation des ressources énergétiques nationales avec une priorité donnée aux énergies propres (éolien notamment).

Le Nord dispose d'un système varié d'approvisionnement en énergie électrique. Plusieurs usines hydrauliques notamment celles de Oued Al Makhazine, Taurat, Oued Laou, barrage Idriss 1er et Allal Al Fassi, des centrales thermiques classiques (Tétouan 20/33, Tanger), la centrale à cycle combiné de Tahaddart et des parcs éoliens (Koudia Al Baida, Dar Saadane, etc) sont implantés sur son territoire. L'infrastructure existante a développé en 2006 une puissance de près de 770 MW, soit l'équivalent de près de 15% de la puissance installée au Maroc par l'Office National d'électricité. Les ventes de l'Office National d'Electricité ont atteint quant à elles près de 1 957 KWh vendues aux concessionnaires et régies de distribution des grandes villes (Amendis pour Tanger et Tétouan, RADEEL à Larache, RADEETA à Taza, etc.), aux industriels et particuliers. L'alimentation en électricité est assurée au niveau de la région par une vingtaine de postes de livraison et le raccordement à travers des lignes notamment de 60 et 225 Kv et des réseaux de distribution. Il est à noter que le Nord compte un poste 400/225/60/22 Kv à Melloussa.

L'inauguration de la station thermique de Tahaddart -qui est la première au Maroc à utiliser la technologie du cycle combiné- a eu lieu en 2005. Cette centrale est située sur le site de Tahaddart à 10 km environ au nord de la ville d'Assilah, et à 35 km du poste 400/225 KV de Melloussa, utilisant le gaz naturel livré à partir du Gazoduc Maghreb-Europe qui traverse la région. D'une puissance nette de 385 mégawatts, la centrale à cycle combiné de Tahaddart a nécessité une enveloppe budgétaire dépassant 3 milliards de DH et permettrait d'assurer la production de près de 11 % de l'énergie électrique nationale.

Le nord et en particulier le détroit, région venteuse où a été initié le premier parc du Maroc accueille d'importants projets éoliens :

  • Le parc de Koudia Al Bida inauguré en 2000 pour une capacité de près de 54 MW avec 90 éoliennes
  • Le parc éolien de Tanger I (Dhar Saadane) inauguré en 2010, d'une capacité totale de 140 MW avec au total 165 éoliennes

Avec plus de 190 MW sur une capacité totale de 250 MW, les régions du Nord disposent de plus des trois quarts de la capacité installée au niveau national. 

Puissance électrique installée dans le Nord en 2006

Usines Capacité en MW
Centrales thermiques et à cycle combiné 564
Usines hydrauliques 152,3
Energie éolienne 54
Total 770,3

Par ailleurs, l'accélération du Programme d'Electrification Rural Global (systèmes décentralisés et panneaux solaires) dans la région a permis de faire passer le taux d'électrification (TER) de 54% en 2002 à plus de 92% dans toutes les provinces du Nord en 2010. La poursuite du PERG permettrait à terme à presque l'ensemble des foyers du monde rural d'avoir accès à l'électricité. Le financement de ces projets d'électrification se fait en coopération entre l'ONE (55%), les communes concernées (25%), et la population bénéficiaire avec 20%. Cette électrification permettrait de dynamiser les activités socio-économiques au niveau des zones concernées.

Enfin, l'on rappelle qu'en 1997 a été établie l'interconnexion électrique Maroc-Espagne à travers le Détroit de Gibraltar, un projet qui a été réalisé par une commission mixte, composée de l'ONE et la Red Electrica de Espana (REE). Cette connexion qui relie l'ensemble du réseau maghrébin au réseau européen permettrait un échange annuel entre les réseaux de 2 440 Mwh.

Assainissement

Les réseaux d'assainissement liquide et solide sont des éléments clés dans le dispositif de salubrité publique et des facteurs importants pour l'amélioration des conditions de vie, des conditions sanitaires et de confort des populations. Par ailleurs, ces réseaux sont vitaux pour l'économie et notamment pour le développement d'activités industrielles. Le gouvernement a dans ce cadre lancé au Maroc un Programme National de Gestion des déchets solides et liquides.

Ainsi, un certain nombre de projets ont été menés dans le nord pour améliorer les réseaux d'assainissement tant dans les grandes villes telles que Tanger que dans les centres de dimension plus modeste. En milieu rural, l'assainissement pose également des défis en raison des conditions physiques, de l'enclavement, de l'habitat dispersé et des faiblesses des moyens financiers. L'assainissement des deux plus grandes villes du nord (Tanger et Tétouan) est opéré par des concessionnaires privés dans le cadre de la gestion déléguée (Amendis).

Parmi, les projets menés, certains ont concerné l'assainissement solide à l'instar de la création d'une décharge contrôlée à Al Hoceima ayant pour objectif de lutter contre la gestion anarchique des déchets solides dans les communes d'Al Hoceima, Beni Bouayach, Imzouren et Ajdir. Inaugurée en 2008, et située à 16 km au sud d'Al Hoceima, la nouvelle décharge, dont la réalisation a nécessité un budget de 47,5 millions de DH, dispose d'une capacité de stockage de 37 000 tonnes de déchets, en moyenne annuelle, et s'étend sur une superficie totale de 34 ha.

En ce qui concerne les projets d'assainissement liquide, l'ont peut citer :

  • Le programme d'assainissement liquide de l'Al Hoceima réalisé par l'Office national de l'eau potable (ONEP) pour un coût global de 70 millions de dirhams et qui a concerné l'extension et la réhabilitation du réseau des eaux usées et des eaux pluviales sur 54 km, ainsi que la réalisation de 3 740 branchements au réseau d'assainissement.
  • Le projet d'assainissement liquide de Kariat Ba Mohamed, d'un coût global de 45 millions de Dirhams. Le projet consiste en la réhabilitation et l'extension du réseau de collecte d'eaux usées sur 28 Km, la construction de deux stations de pompage, d'une station d'épuration de type lagunage naturel et la réalisation de 1340 branchements. Les travaux de ce projet démarreraient en Novembre 2010 pour se terminer en mai 2012.
  • Le projet d'assainissement liquide de la ville de Chefchaouen d'un montant de 136 millions de dirhams qui consiste en l'extension du réseau d'assainissement sur 20 Km, la pose d'une conduite de transfert sur 2 Km, la réalisation de 930 branchements et la réalisation d'une station d'épuration des eaux usées de type boue activée avec un débit de 5000 m3/jour. La mise en service de la station d'épuration est prévue pour l'année 2011.